Les fleurs de Soteria
Soteria
L'on raconte que la première Toreador à fouler le sol de Smyrne fut Soteria, une Grecque autrefois initiée aux mystères de Dionysos. Au VIIᵉ siècle avant notre ère, les descendants commençaient peu à peu à prendre conscience de la présence des vampires parmi eux. Des créatures qui buvaient leur sang, manipulaient leurs dirigeants et se disputaient les cités dans l'ombre. Pour Soteria, cette réalité n'avait rien d'inévitable.
« Seul un mortel peut comprendre l'immortalité ; il est le gardien de l'éternel. »
Elle rejetait l'idée que les vampires aient été créés pour gouverner, protéger ou dominer les descendants. Selon elle, ils n'étaient pas destinés à régner sur l'humanité, mais à vivre à ses côtés. Immortels et mortels poursuivaient une même quête : donner un sens à leur existence en célébrant la beauté, l'art et les plaisirs de la vie.
Le premier jardin
Cherchant à ne pas s'immiscer dans la guerre qui opposait alors les Ventrue aux Lasombra pour le contrôle de Smyrne, Soteria s'établit dans un jardin aux abords de la ville. Entourée de quelques fidèles, elle y planta des vignes et transforma peu à peu les lieux en un refuge où artistes, philosophes et voyageurs se mêlaient aux habitants de Smyrne. Si elle préférait transmettre son savoir aux femmes, elle n'excluait pas les hommes, et tous étaient les bienvenus tant qu'ils venaient chercher la beauté plutôt que le pouvoir.
À chaque nouvelle lune, lorsque le ciel était sombre, le jardin s'animait jusqu'à l'aube. Les chroniqueurs ventrues parleront plus tard d'orgies décadentes ; les disciples de Soteria, eux, n'évoquent que des nuits de musique, de peinture, de théâtre, de danse et de vin. Chaque oeuvre créée au cours de ces célébrations était dédiée à Dionysos, que Soteria considérait comme son véritable sire.
Néanmoins, alors que les Ventrue achevaient de chasser les Lasombra du port, un nouveau problème se dessinait. Les rassemblements de Soteria exposaient toujours davantage les vampires aux regards des descendants. Aux yeux d'Atratinus, maître ventrue de Smyrne, ce n'était qu'une question de temps avant que toute la cité ne tombe sous son influence.
Pendant plusieurs années, il tenta d'apprendre ce qui se passait dans le jardin, et de forcer Soteria à le reconnaitre comme dirigeant. Elle n'avait que faire de la politique, et clamait au et fort ne vouloir reconnaitre personne. Leur relations était au point mort, et aucun des deux ne semblait pret à céder.
Réconciliation
Plutôt que de déclarer la guerre, Atratinus choisit de se rendre lui-même au jardin.
- Lorsque Soteria vint l'accueillir, il lui aurait demandé : « Je souhaite comprendre ce que les mortels trouvent chez toi. »
- Auquel elle aurait simplement répondu, : « Ils ne me cherchent pas. Ils cherchent la vie. Tout comme toi et moi. »
Sans plus de questionnement, elle lui ouvit les portes du jardin pour lui exposer la vérité.
Les rares descendants ayant assisté à cette rencontre racontent que les deux vampires passèrent toute la nuit à discuter de philosophie, de la condition vampirique et de l'avenir de Smyrne. Pourtant, à mesure que les heures s'écoulaient, Soteria semblait perdre ses forces. Son regard se voilait, ses gestes devenaient hésitants, et lorsque Atratinus quitta finalement le jardin, elle demeura allongée dans l'herbe, incapable de se relever.
Ignorant l'origine de son mal, ses disciples s'étendirent autour d'elle, attendant son réveil.
La Mort de Soteria
Les fidèles racontèrent avoir vu défiler les souvenirs de Soteria, ses joies, ses regrets et les nuits qui avaient façonné son immortalité. Beaucoup affirmèrent s'être éveillés avec des souvenirs qui n'étaient pas les leurs, comme si une part de son âme s'était mêlée à la leur. Elle leur avait transmit ce qu'elle s'avait, comme si elle était au courant de ce qui allait suivre.
Puis vint l'aube.Les premiers rayons du soleil touchèrent le corps immobile de la Toreador, la reveillant en un éclat. Son cri traversa le jardin une dernière fois avant que son corps ne se consume en cendres, dispersées par le vent parmi les vignes qu'elle avait elle-même plantées.
Selon ceux qui écrivent sur cet évenement, Atratinus l'avait empoisonnée durant leur entretien afin de l'empêcher de rejoindre son refuge avant
le lever du soleil. Dès la nuit suivante, il proclama avoir délivré Smyrne de la décadence des jardins et ordonna le pillage du domaine.
Les femmes qui y vivaient furent arrachées à leur foyer et envoyé à constantinople en cadeau à son propre sire comme preuve de sa victoire.
Les fidèles de Soteria soutiennent que là-bas, elles auraient juré de venger leur maîtresse.
Des années plus tard, elles seraient parvenues à assassiner leur maitre dans son sommeil avant de livrer son palais aux flammes,
célébrant une ultime nuit de musique, de vin et de rébellion.
Les chroniqueurs ventrues, eux, ne mentionnent pas une telle histoire, meme si le nom de Soteria est plusieur fois mentionné dans certains receuils.
La culture du jardin
Les Toreador d'Izmir considèrent encore aujourd'hui le Premier Jardin comme le berceau de leur clan. Selon la tradition, les cendres de Soteria se seraient mêlées à la terre lorsque le vent dispersa les restes de son corps. Chaque arbre, chaque fleur et chaque cep de vigne porterait ainsi une infime part de son héritage.
Préservé au cœur de la ville depuis plus de deux millénaires, le jardin est considéré comme le trésor le plus précieux des toreador d'Izmir. Il incarne l'idée que l'art survit aux artistes et qu'aucune mort ne peut réellement faire taire une œuvre. Un culte à Soteria existe encore, protégeant ce jardin, et les coutumes de sa pensée. Ce groupement comporte également des humains, qui bien souvent sont des artistes cherchant à créer quelque chose de nouveau, quitte à rejetter le pouvoir et la gloire.
Lorsque la Camarilla d'Izmir à sentit que des changement important allaient se produire a Smyrne, la primogène Nafissa fut dépécher une force Brujah spécialisé de Lybie afin de faire en sorte qu'il n'arrive rien au jardin, qui fut ainsi un des rare à échapper aux flammes de l'incendie et au pillage qui suivirent.